La crise du couple : une crise spirituelle

Pas une seule semaine ne passe sans que je rencontre des hommes et des femmes, de toutes conditions, qui viennent me faire part de leur incapacité à fonder un couple stable. C'est une réalité qui, malheureusement, devient une banalité de la conversation. On changerait donc de conjoint comme on change de mobilier, sans autre forme de procès... Est-ce enfoncer une porte bien ouverte que d'en attribuer la faute à la société de consommation, immédiate et futile, superficielle et capricieuse, dans laquelle nous évoluons ? A cette question la tendance générale est à la réponse affirmative. Personnellement, je crois que le problème est bien plus profond qu'il n'y paraît.

Si le comportement, chez les populations des pays développés, est à la consommation de tout et de rien, le problème actuel rencontré par de nombreux couples ne se fonde pas que dans un cannibalisme inextinguible et ravageur de l'émotion et des sentiments, ni d'ailleurs dans la seule compulsion d'une sexualité immaîtrisée. Cette dernière demeure cependant un fléau qu'il faut combattre avec autant de vigueur qu'on le ferait pour l'alcoolisme. Mais ce n'est pas ici mon propos.

Avant de parler de la crise du couple et du séisme moral que connaissent les relations humaines de nos sociétés dites "civilisées", il faut se poser la question du sens du mot "couple". Le dictionnaire Quillet en donne la définition suivante : " du latin copula, lien. Deux choses de même espèce que l'on met ou que l'on considère ensemble [...] Se dit de deux êtres animés d'un même sentiment [...] Deux personnes unies ensemble par amour ou par mariage". Pour ce qui intéresse notre sujet présent, la dernière partie est assez éloquente : les deux choses qui fondent principalement le couple sont l'amour et le mariage.

Il faut aussitôt préciser que l'amour n'est pas un sentiment, contrairement à la pensée populaire, soutenue par la fable littéraire et poétique, mais l'amour est une vertu théologale qui s'accompagne de deux autres vertus qui lui sont, en cette vie terrestre, inséparables : la foi et l'espérance.

Ainsi, le couple repose sur une triple dimension de la relation au conjoint : l'amour manifesté par l'attention, la délicatesse, la prévenance, le soin et l'union sexuelle; la foi manifestée par la confiance, l'abandon, le conseil, la prière et la répartition des responsabilités domestiques; enfin, l'espérance par le pardon, l'abnégation, le sacrifice et le partage des bien matériels. C'est donc au sein du mariage que peuvent s'épanouir ces merveilleuses vertus. Mais elles ne peuvent éclore et se développer que sous l'action sanctifiante du Saint-Esprit communiquée au moment de la bénédiction nuptiale car rappelons-le le mariage est une institution divine, lieu de la présence de la Sainte Trinité tout autant que dans les autres formes de vie consacrée au coeur du christianisme. En dehors du mariage ou dans un contexte automatisé du mariage religieux comme rite social dépourvu de toute vie spirituelle authentique, nulle grâce, nulle possibilité de faire jaillir la sainteté au sein d'un foyer et d'une maison. On ne commande pas la grâce divine, on la reçoit en toute soumission à Dieu et à ses commandements.

C'est pourquoi la vie spirituelle de chaque individu est si importante. L'obéissance aux exigences divines par la sage pratique de la religion chrétienne est le seul moyen mis à la disposition de l'homme afin de fonder son existence non sur les conventions du moment, les critères physiques, les revendications idéologiques ou les caprices de la mode sociale mais très certainement sur l'accomplissement de la volonté de Dieu.

L'obéissance à une autorité spirituelle élevée et exigeante est la condition sine qua non pour qu'un couple soit réellement fondé sur l'amour et le mariage et non sur le désir perverti et mortifère de l'accomplissement de soi par l'assouvissement des désirs émotionnels, psychiques et physiques. C'est là exactement que se situe l'écueil sur lequel s'échouent chaque jour de nombreux couples.

Le but du couple, n'est pas de se satisfaire lui-même et encore moins de s'établir sur le sentiment amoureux qui peu à peu s'étiole. Son but le plus grand et le plus honorable est de fonder une famille qui serve et adore Dieu dans la louange, la prière, le service et l'obéissance quotidiens, de créer une communauté où chacun, dans le respect de l'autre personne, peut répondre à l'appel particulier de Dieu.

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