Révérend Emmanuël Briglia - site officiel
2 août 2011
Réserve naturelle du Néouvielle : Les lacs d’Estibère, 2360m.
Dénivelé cumulé : +380m -720m.
Départ à 7h15 pour rallier le parking du lac d’Orédon et embarquer dans la première navette, qui nous dépose à l’extrémité est du lac d’Aumar, 2002m, à 9h40. Quelques nuages promis à l’inaction sur le bleu du ciel et des eaux, la journée sera belle dans la cadre sauvage du vallon d’Estibère, très peu fréquenté par les randonneurs.
Très vite, des lacets rocailleux et raides s’élancent vers le col d’Aumar, 2381m. Une belle suée, mais la vue embrasse les 25 hectares du lac ourlés de pins à crochets, les roches claires du pic de Néouvielle et le vallon d’Estibère, émaillé de lacs et ruisseaux. Au fait, à propos du pin à crochets, son nom lui vient tout bonnement des racines tortueuses qui s’accrochent à la roche. Logique. Eh bien non ! Le conducteur du bus plaisante de bon matin mais il a appris sa leçon de botanique : ce nom vient des petites saillies portées par les écailles de ses pignes dans leur partie supérieure. Peut-être ces crampons aident-ils les graines à se ficher en terre quand le vent violent des sommets les disperse ?...
A peine perchée au col d’Aumar, la colonne redescend vers le fond du vallon d’Estibère, où scintillent laquets et ruisselets. D’où il ne reste plus qu’à remonter pour surplomber le beau Lac Supérieur, 2325m, adossé à la barre rocheuse qui ferme le vallon. Plus haut, un col herbeux mène à un replat où s’étire, insolite, le lit de cailloux pourpres d’un laquet asséché. Et pas loin, un autre laquet, une jolie goutte d’eau bleue, nichée dans les rochers. Bientôt midi, 2365m, l’heure sacrée !
Farniente en vue ou, pour les amateurs, quelques minutes plus loin, le surplomb du Lac de L’Ours. Mais soudain se lève une brise frisquette et courent les nuages. Prudence, on lève le camp ! Pas d’Ours aujourd’hui.
Descente donc à 12h40, remontée au col d’Aumar (gymnastique digestive peu appréciée des randonneurs en général, et de Simone en particulier…) et retour au bord du Lac d’Aumar à 14h20. Les nuages ont vite disparu, à nous le retour prévu par le sentier des Laquettes jusqu’à Orédon ! Une longue moisson d’images superbes, à vider la batterie d’un appareil photos ! Une demi-heure d’abord au ras de l’eau sur la rive gauche du lac d’Aumar. Une heure encore au ras de l’eau tout au long des Laquettes (drôle de nom pour ces 3 lacs étirés sur près de 2 km!) sous les pins aux troncs noueux. Une bonne demi-heure ensuite pour jouer à cache-cache avec un torrent qui cabriole en gerbes d’argent sur les rochers. Et la plongée enfin sur le lac d’Orédon ! Un cadeau exceptionnel, la débauche de couleurs des eaux de montagne, opale, vert tendre ou intense, turquoise, bleu pâle soudain intense…
16h30 aux voitures. Champagne et gâteaux pour fêter l’anniversaire de Paulette et la naissance d’Alix, 79 ans d’écart ! Voilà, c’est dit, Paulette, et tu sais bien que tu ne le fais pas, ton âge ! Garde bien cette vitalité incroyable, pour donner la main à Alix, dans trois ans, sur la rive d’un lac de montagne ! Et tu marcheras doucement, elle sera encore bien petite… Promis ?
IMOHTEP, le scribe, et grand-mère d’Alix.